Rendez-vous avait été fixé à 09h30, dans le hall de la station RER de CDG, à proximité de la porte d’entrée de l’ancienne DO d’Air France.
Nous étions 6. Bernard POURCHET, vice-président à la fois de l’AAPN et de l’Association du Musée Air France, Michel DUBOC, René STEFKOVIC, Pierre BALAVOINE, Gilles HERRMANN et moi-même.
Nous voilà partis dans un long périple ponctué de montées et de descentes d’escaliers. Traversée de l’ancienne DO, passerelle d’accès au bâtiment du Siège d’AF, longue traversée de l’immeuble (une sorte de désert ce jour-là, mais nous étions un vendredi!), à nouveau une passerelle pour accéder à l’actuelle DO, bâtiment plus animé que le siège (il est vrai que, quel que soit le jour, des équipages passent par ce bâtiment, lui conférant mouvements continus de foule et animation!)
Ce fut l’occasion pour l’un d’entre nous n’ayant jamais connu cette nouvelle DO de la découvrir !
Arrivée à la salle des pas perdus du rez de chaussée au niveau de la PPV.
Passage d’une porte anonyme, descente d’un escalier, couloir labyrinthique, portes multiples, et le graal : la porte de la cathédrale commandée par un sésame en possession de notre bien-aimé Vice Président.
Une cathédrale ? A vrai dire NON !
Une crypte, mais pas n’importe quelle crypte : la crypte d’ Ali Baba !
Certes c’est haut de plafond (environ 3,5m). Mais pas de lumière naturelle, pas de fenêtres, juste des néons blafards. Une crypte, quoi !
En voici quelques photos. illustrant l’entrée et le dédale des passages entre les colonnes des étagères .
Pérégrination dans ce lugubre dédale cryptal, dûment commentée par notre volubile Bernard !
Je cite : un siège en cuir marron, rescapé d’un Latécoère 631 D’autres sièges illustrant toutes les époques de la compagnie, plein de sièges ! Des housses d’uniformes des mêmes époques ! Plein de housses !
Des cartons remplis de documents sur six niveaux d’étagères. Documents triés ou en cours de tri. Allez savoir !
La collection complète des numéros d’Icare…
J’observe discrètement mes collègues. Des gamins de cinq ans dans un magasin de jouets (alors que la moyenne d’âge était de 81,5 ans. J’ai fait le calcul)!
Les yeux écarquillés devant toutes ces merveilles, surtout les étagères où sont stockées les maquettes d’agence en éclaté des avions de la compagnie. Des maquettes, encore des maquettes ! Languedoc, DC4, Constellation, tous les avions à hélice, même certains d’avant guerre. Puis tous les avions à réaction.
Bien entendu, nous ne touchons à rien si ce n’est avec les yeux, nous contentant de déambuler dans un ébahissement sans cesse renouvelé!
Puis, toujours cornaqués par notre intarissable et volubile guide, nous arrivons à ce qui est pour nous le sein du sanctuaire : les cartons de la Postale.
Rien de bien ostentatoire mais la MÉMOIRE de notre Postale et de l’AAPN.
Je reconnais tous ces cartons que Michel et moi-même avions cerclés de ruban adhésif renforcé afin qu’il ne ne répandent pas lors du déménagement des sheds vers CDG.
Cartons contenant les docs techniques F27 et C160 ( la doc DC3 est à Orly, dans notre seule et unique armoire) Documents de formation, vidéos, etc…
De l’un d’entre eux, j’extrais le premier « journal des mouvements aériens » sur lequel figurent tous les mouvements de l’année 1945 et suivantes, avec les noms des équipages, les parcours, les temps de vol, etc… et les éventuels passagers embarqués (Daurat notamment). Nous restons devant ce journal un certain temps, à le feuilleter et à le commenter…
Ces journaux existent sans interruption jusqu’à la fin des années soixante. Après, je ne sais pas. Peut-être existent-ils dans des cartons jamais ouverts…
Photo cathédrale
Il est bientôt 11h45. C’est l’heure de se sustenter. Un hibou, il faut le nourrir ! Demi tour. Sans fil d’Ariane, mais avec notre PNS (PNS : Pifometric Navigation System), nous rebroussons chemin vers l’IBIS où nous attend un buffet roboratif.
Tout cela valait-il bien le déplacement ? Assurément !
Bien à vous. Patrick VIAU
PS : Un soir, décollage d’Orly pour Marignane, en Transall. Mon CDB est Lucien COLLOT. Il est aux commandes. L’approche d’Orly nous demande si nous voulons un cap direct vers Marseille. J’interroge Lucien du regard. « Dis-lui oui » me dit-il. Acquiescement du contrôle qui après un moment de silence nous demande le type d’équipement dont nous sommes dotés pour aller directement vers Marseille. Nouveau regard vers Lucien, ce matois pince sans rire. « Dis-lui qu’on est équipé d’un PNS ». Nouveau silence du contrôle et demande d’explication. Eclat de rire du contrôleur ! C’était ça la Postale, un excellent climat de confiance entre équipages et contrôleurs !
Autre anecdote , cette fois à Satolas. La piste est longue (de mémoire de l’ordre de 4000m). Le F27 qui vient de Lille arrive à la même heure que celui venant de Bastia. Nous faisons dans le même temps nos approches sur cette piste, l’un au QFU sud, l ‘autre au QFU nord , face à face sur la même piste! Le contrôle se contentait de nous demander nos informations DME respectives, puis nous laissait faire… l’avion venant du nord dégageait la piste alors que l’avion venant du sud était à l’arrondi ! Il faut dire que le F27 était un avion qui se posait court et que le temps nous était compté! Souvenez-vous ; à la Postale, être à l’heure, c’est déjà être en retard !
